Date du Jour :6 août 2020

La mort de Pascal Clément, ancien ministre de la justice

Député de la Loire pendant plus de trente ans et ancien garde des sceaux, Pascal Clément est mort le 21 juin, à l’âge de 75 ans, à Paris, des suites d’une infection pulmonaire. Sa famille a précisé qu’il avait été testé négatif au Covid-19. Le président de la République, Emmanuel Macron, a salué dans un communiqué une « incontournable figure politique du département de la Loire et de la droite républicaine. »

Né le 12 mai 1945 à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), licencié en droit et philosophie, diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris, Pascal Clément se lance, en 1971, dans une brève carrière de cadre dans l’entreprise américaine Rank Xerox, avant de devenir avocat à la cour d’appel de Paris, en 1982.

Sa carrière politique, commencée en parallèle chez les Jeunes républicains et indépendants, le conduit à suivre Alain Madelin dans son mouvement Démocratie libérale, dont il prendra la présidence, puis à rejoindre l’UDF. Il est élu maire de Saint-Marcel-de-Félines, dans la Loire, en 1977, poste qu’il tiendra durant vingt-quatre ans, avant de devenir conseiller général du département, collectivité qu’il présidera entre 1994 et 2008, et enfin député dans les rangs de l’UDF puis de l’UMP de 1978 à 2012. Il entre une première fois au gouvernement comme ministre d’Edouard Balladur, délégué aux relations avec le Parlement.

Rêvant depuis toujours de devenir garde des sceaux, celui qui avait milité en 1981 contre le projet de loi de Robert Badinter visant à abolir la peine de mort, est exaucé en mai 2005 quand Jacques Chirac le choisit pour succéder à Dominique Perben, après trois ans de réformes judiciaires tous azimuts.

Les excuses aux acquittés d’Outreau

Dans le domaine pénal, Pascal Clément devra les mettre en œuvre dans un climat de vives tensions entre le ministère de l’intérieur et celui de la justice. La loi de 2002 avait durci la justice des mineurs en créant les centres éducatifs fermés ; celle de 2004 sur la grande criminalité avait renforcé les pouvoirs des enquêteurs et des procureurs. Le nouveau garde des sceaux commence par en corriger la disposition très contestée qui facilitait la détention provisoire des avocats.

Pascal Clément reprend aussi la réforme promise par son prédécesseur pour répondre au fiasco de l’affaire de pédophilie d’Outreau. Il lui revient ainsi de présenter les « excuses » de l’institution, après l’acquittement des six accusés. Le résultat, en 2007, est un texte de compromis, dont une disposition phare sur la responsabilité des magistrats est censurée par le Conseil constitutionnel.

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