Date du Jour :15 juillet 2020

« Lens, de sang et d’or » : le RC Lens comme vous ne l’avez jamais vu

Un stade figé, un silence de cathédrale et, dans les tribunes, près de 40 000 paires d’yeux embués de larmes. Ce samedi 23 novembre 2019, les spectateurs qui ont fait le trajet jusqu’au stade Bollaert-Delelis du Racing Club de Lens, ne sont pas seulement venus assister à la 15e journée de Ligue 2 opposant le club du Pas-de-Calais au FC Sochaux-Montbéliard. Ils ont aussi tenu à rendre hommage à celui qu’on appelait « le druide », Daniel Leclercq, décédé la veille. Leclercq et sa crinière blonde, joueur emblématique des Sang et Or (de 1974 à 1983) et qui, une fois devenu entraîneur (de 1997 à 1999), remporta l’unique championnat de France du club en 1998. Lors de la minute de silence qui lui fut consacrée, pas un son ne fuita, comme si le temps s’était arrêté dans l’enceinte. Mais n’en attendait-on pas moins d’un club comme le RC Lens, fondé en 1906 et composé à l’origine des employés de la Compagnie des mines, aujourd’hui disparue, mais aux valeurs immortelles ? C’est un fragment de cette longue histoire qu’ont voulu porter François Pesenti (ancien directeur du service des sports sur RMC), Luc Dayan (ancien président du RC Lens de 2012 à 2013) et Nicolas Duval (producteur) dans la série Lens, de sang et d’or en quatre épisodes de 45 minutes, diffusée sur la chaîne L’Équipe les 24 et 25 juin, à partir de 21 heures.

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Les trois Français ont choisi de surfer sur le succès des séries consacrées aux sports qui ont connu un vibrant succès, comme Sunderland : envers et contre tous (SunderlandTil I Die en VO, autour de ce club de foot du nord de l’Angleterre) ouThe Last Dance (consacrée à la dernière saison du basketteur Michael Jordan chez les Chicago Bulls), toutes les deux diffusées sur Netflix. Pour François Pesenti, ex-patron des sports sur RMC, le choix du club de l’ex-cité minière coulait de source : «  Nous cherchions un club doté d’une forte empreinte sociale, porteur d’une histoire, d’une culture, d’une tradition, explique-t-il lors de la téléconférence de présentation de la série. J’espère que ce film va réhabiliter le football en tant que creuset social et lien entre les générations. »

Le premier épisode est principalement consacré au « contexte » lensois. Une cité durement touchée par la fermeture progressive des mines de charbon et une population pour laquelle le RC Lens représente une lueur de fierté. « On a tellement galéré qu’on arrive à s’amuser de ces galères », résume Thomas, un touchant supporteur de 35 ans que l’on suit au cours des épisodes et qui ne manque pas un match des Sang et Or, que ce soit avec le groupe de supporteurs (les Red Tigers) en déplacement ou en famille, avec sa femme et ses deux filles, pour les matchs à domicile.

« Faire rayonner le club au-delà du bassin minier »

Dans le deuxième et troisième épisode, on suit principalement la saison du club en Ligue 2, présidé depuis le 16 juin 2018 par le fondateur du fonds Amber Capital, Joseph Oughourlian, rapidement séduit par ce projet de série autour de son club : « Ça va faire rayonner le club au-delà du bassin minier. C’était le meilleur club de France pour raconter cette histoire », explique celui qui avait tenté d’obtenir la tête du groupe d’Arnaud Lagardère au printemps.

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Le téléspectateur découvre ainsi, par le trou de la serrure, quelques scènes comme la traditionnelle causerie de l’entraîneur Philippe Montanier (qui sera d’ailleurs remercié en cours de saison) à ses joueurs lors des mi-temps ou lorsqu’il accueille de nouveaux joueurs au club. Mais aussi, ce qui est plus rare, les coulisses de négociations pour l’achat et la vente de joueurs, avec d’autres présidents de club ou des agents de joueurs. « Le club nous a ouvert toutes les portes, sans aucune contrepartie financière, précise François Pesenti. La seule condition était de ne rien sortir pendant la saison pour ne pas perturber l’équipe, ce que nous avons respecté. »

Malgré un quatrième épisode qui traîne parfois en longueur avec la suspension de la saison en raison de la crise pandémique de coronavirus, Lens, de sang et d’or s’inscrit dans la lignée des documentaires sportifs français qui feront date, à l’instar des Yeux dans les Bleus de Stéphane Meunier en 1998. On aurait également aimé en découvrir plus sur la vie de ces supporteurs passionnés, capables, par exemple, de parcourir plus de 700 kilomètres de Lens à Brest, à 60, un lundi soir, simplement pour y soutenir leur équipe ; une ambiance plus palpable dans le documentaire de Netflix consacré à Sunderland, par exemple. Mais, au final, on s’inclinera, face à la dignité et aux valeurs des joueurs et de l’encadrement dirigeant, pleinement conscients du contexte dans lequel ils évoluent. Ce qui est habilement résumé par ces mots venant frapper le bâtiment du club : « Ambition, fidélité, fierté, respect et passion. »

« Lens, de sang et d’or », sur la chaîne L’Équipe, mercredi 24 et jeudi 25 juin à partir de 21 heures.


Lire l’article au complet sur www.lepoint.fr

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