Date du Jour :14 juillet 2020

« Les polémiques sur l’hydroxychloroquine et le Levothyrox montrent la nécessité d’une exigeante recherche clinique »

Tribune. Durant l’été 2017, une vague d’inquiétude déferle sur la France. En quelques semaines, des dizaines de milliers de signalements pour « effets indésirables » submergent les autorités de santé à propos du Levothyrox nouvelle formule. Le traitement de l’hypothyroïdie s’est transformé en cauchemar. Le laboratoire Merck (Allemagne) a commis l’irréparable.

A la demande de l’Agence nationale pour la sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), il a modifié sa composition pour améliorer la stabilité du comprimé de Levothyrox, et remplacé un excipient, le lactose, par une association de mannitol et d’acide citrique.

Immédiatement, c’est le chaos ! La crise s’installe, sur le terreau fertile d’une amplification médiatique mal contrôlée, à l’époque magnifique des réseaux sociaux. Elle est entretenue par la recherche éperdue d’explications qui s’effondreront les unes après les autres, la révélation de complots de la « big pharma » jamais avérés, l’action ininterrompue des associations avec leurs conseillers et des soutiens « people », sous les encouragements des avocats.

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Quelques médecins, peu nombreux, bravent un climat médiatique hostile, faisant fi des préjugés antiélitistes dans l’air du temps, et proposent leur interprétation. Malheur ! L’explication la plus plausible est la moins audible : un phénomène – banal – d’effet « nocebo » nourri par une anxiété contagieuse.

La crise s’arrête d’elle-même

Prudents – modestes –, ils suggèrent que cette hypothèse soit vérifiée, classiquement, par un essai randomisé en double aveugle, sous différentes formes possibles, avec une participation directe des personnes concernées aux plans d’études et à leur réalisation. Refus des associations de patients qui ne veulent pas servir de cobayes.

Personne n’est autant dans le système que le professeur Raoult, ancien président d’université, directeur d’un institut hospitalo-universitaire et diplômé, reconnu, récompensé, financé par les filières les plus académiquement correctes

Rien ne sera donc fait… Puis, sans explication, la crise – qui n’a touché que la France – s’arrête d’elle-même. Trois ans plus tard, c’est le calme plat. Les chiffres montrent la disparition quasi complète des signalements, comme en témoigne le quatrième rapport de l’ANSM pour le Levothyrox (« Enquête officielle sur les spécialités à base de Lévothyroxine », 28 janvier).

A l’hiver 2020, c’est l‘hydroxychloroquine qui provoque comme un vent de folie nouveau. Tout est là pour organiser le spectacle, entretenir et mettre en scène la polémique, faire de l’audience. Les médias ont reniflé la pépite avec un formidable acteur présenté comme le scientifique antisystème.

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