Date du Jour :14 juillet 2020

« Il faut réapprendre les bases pour ne plus avoir peur »

SIMONE PEROLARI POUR « LE MONDE »

Par

Publié aujourd’hui à 06h00

Allan grimpe sur le trampoline, s’élance, saute sur la toile, rebondit, jambes et bras tendus. Rapidement, le jeune homme prend de la hauteur, jusqu’à huit ou neuf mètres au-dessus du sol, et enchaîne les acrobaties. A quelques mètres de là, la sono crache des tubes musicaux : une dizaine de filles de la gymnastique rythmique et sportive (GRS) répètent leurs mouvements de danse sous l’œil et la voix de leur chorégraphe. Dans la salle adjacente, les garçons de la gymnastique artistique s’échauffent, rejoints, à bonne distance, par leurs homologues féminines.

Pour les gymnastes de l’équipe de France présents à l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance (Insep), situé dans le bois de Vincennes (Paris), l’entraînement a repris il y a un mois. Le retour a été progressif depuis la première phase de déconfinement pour la quarantaine de gymnastes et leurs entraîneurs.

Tapis et agrès marqués du nom des sportifs… L’Insep suit, à cause du coronavirus, un protocole sanitaire strict établi d’après le guide de recommandations édicté le 11 mai par le ministère des sports.

Il s’est fait selon un protocole sanitaire strict à cause du coronavirus : gel hydroalcoolique à disposition en quantité, port du masque obligatoire pour les entraîneurs, sens de circulation dans les salles pour éviter les croisements entre athlètes, appareils désinfectés après chaque passage, tapis et agrès marqués du nom des sportifs… Les vestiaires restent condamnés.

Solution hydroalcoolique dans un gymnase de l’Insep, le 18 juin.
Un sens de circulation dans les salles d’entraînement a été établi pour éviter les croisements entre les athlètes.

« Le corps et le cerveau n’étaient plus habitués »

Autant de contraintes pour des athlètes qui doivent se réapproprier un espace et un outil de travail dont ils ont été, pour la plupart, privés pendant le confinement. « On n’a pas trouvé comment s’entraîner sans appareil, remarque Christine Blaise, entraîneur national de trampoline. Les athlètes ont perdu tout ce qui est visuo-spatial, le contact, la pression à la toile. »

Quadruple champion de France de trampoline, Allan Morante admet, après un mois de reprise, être encore loin de son meilleur niveau.

Allan Morante, 25 ans, dont dix-huit années de « trampo », confirme : « Quand je suis retourné sur le trampoline, je me suis senti lourd. Le corps et le cerveau n’étaient plus habitués, j’avais tous mes repères à retrouver. » Le quadruple champion de France s’est appuyé sur l’imagerie mentale – technique qu’il pratique depuis 2015 –, pour visualiser les figures de son programme.

« Détendu, les yeux fermés, j’arrive à décomposer mes mouvements au ralenti. Tu peux même arriver à sentir la légèreté, cette sensation de planer au-dessus du trampo », assure Allan, qui, après quatre semaines de reprise, admet être encore loin de son meilleur niveau.

« Au début, on a refait des choses qu’on apprend quand on commence la gym », reconnaît Frédéric Jay, entraîneur à l’Insep

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