Date du Jour :2 juillet 2020

Nicolas Hénard : « La France est la première nation de voile au monde »

Larguez les amarres ! Après trois mois d’inexploitation, les clubs et écoles français de voile ont repris progressivement leur activité pour le plus grand bonheur des sportifs de « grand air » et des professionnels du secteur. Un redémarrage qui s’opère dans un cadre strict, élaboré conjointement entre le ministère des Sports et la Fédération française de voile.

Deuxième empire maritime mondial, derrière les États-Unis, la France est l’un des terrains de jeu préférés des adeptes de la voile. Et ça tombe bien ! Puisqu’en cette période de crise sanitaire, la voile est une activité estimée « low risk » par la commission médicale de la Fédération internationale de voile (World Sailing). « Nous sommes un sport de grand air et nous savons que le virus n’aime pas le sel », rassure Nicolas Hénard, président de la Fédération française de voile (FFV). « De plus, nous avons largement communiqué pour que les voileux pratiquent en responsabilité, dans l’application des consignes gouvernementales et dans le respect des autres. C’est dans la nature même de notre sport », ajoute l’ancien navigateur.

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Un lourd impact financier

Soucieux de protéger leurs adhérents, personnels et publics, les clubs de voile ont pris des mesures exceptionnelles. « Nous devons porter le masque à l’embarquement et au retour à terre, mais pas nécessairement pendant la navigation. Nous avons réorganisé les arrivées de groupes, de façon à ce qu’ils ne se croisent pas. Nous avons bloqué certains créneaux pour procéder à la désinfection du matériel. Enfin, les vestiaires restent fermés et les visiteurs ne rentrent pas dans nos locaux. Ce sont des mesures drastiques, mais nous faisons de notre mieux », détaille Éric Limouzin, président du club de voile d’Arcachon Cercle de la Voile (élue « École française de voile de l’année 2019 »).

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Néanmoins, sur le plan financier, la crise du coronavirus a lourdement impacté les professionnels du secteur. « Sur les 200 000 euros de recettes commerciales, on a perdu 50 000 euros. On espère faire une bonne saison d’été, mais on peut déjà dire que c’est une année ratée », déplore le patron du Cercle de la Voile. D’autant que « si l’on sent bien que les gens ont envie de venir, les protocoles sanitaires constituent de vrais freins à la pratique. Jusqu’ici, le ministère des Sports est resté très rigide sur ces questions bien que notre activité soit considérée comme relativement saine ».

Objectif 500 000 licenciés d’ici à 2024

Avec 270 000 licenciés et 3 à 4 millions de pratiquants – des chiffres en constante progression –, la voile ne cesse de séduire de nouveaux adeptes. À Arcachon, Éric Limouzin se réjouit de cet engouement : « Depuis quelques années, on constate une vraie progression de nos chiffres, côté licenciés d’une part, côté passeport voile (stages d’été) de l’autre. Cela représente une augmentation entre 5 et 10 %. » Fort de ce succès, Nicolas Hénard – double champion olympique (1988, 1992) –, ne cache pas ses ambitions de développement : « Notre objectif est de passer à 500 000 licenciés d’ici la fin de l’année 2024, en surfant notamment sur l’effet Jeux olympiques en France. La France est une nation maritime historique, le deuxième territoire maritime au monde. Et sur le plan sportif, quand ce ne sont pas les Anglais qui l’emportent, ce sont les Français. Si on ajoute à cela les courses au large, la France est la première nation de voile au monde ! »

Au niveau international aussi, le président de la Fédération affiche son appétit débordant. Avec le report d’une année des Jeux olympiques de Tokyo, « on a décidé de réformer le projet sportif de la Fédération. Son nom de code ? RTPP (Réussir Tokyo Préparer Paris). Tokyo est rentré dans le cycle de la préparation des JO 2024. Nos ambitions sont claires : le rendez-vous parisien doit être parfaitement réussi et nous devons réaliser d’excellents résultats, les meilleurs de l’histoire de la voile olympique ». Car le président de la FFV le sait : ce sont ces réussites sportives qui permettront d’attirer de nouveaux pratiquants dans le sillage de la voile. Enfin, attentif à la pérennisation de son statut de grande nation maritime, la FFV mise sur l’avenir avec le programme EHP (Équipage Hautement Performant). « Un programme ambitieux permettant à des sportifs de haut niveau de devenir des athlètes qui figureront, à terme, parmi les meilleurs mondiaux. » La voile française a décidément le vent en poupe !



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