Date du Jour :14 juillet 2020

Retour sur… Islande – Angleterre 2016 : l’autre éruption volcanique islandaise

« Le Monde » d’après EXPA/Focus Images/Paul Chesterton

Par

Publié aujourd’hui à 06h00

« Les joueurs savent que la défaite ce soir serait le plus grand embarras de l’histoire de notre équipe nationale. C’est impensable. » Les grands joueurs ne font en général pas les meilleurs prophètes. Dans sa chronique au tabloïd The Sun, l’ex-buteur anglais Alan Shearer ne fait pas exception avant d’évoquer ce 8e de finale entre ses successeurs et l’Islande.

Comment imaginer qu’une équipe islandaise, qui dispute en cette année 2016 en France sa première grande compétition internationale et qui représente une île de 320 000 habitants – soit à peine plus que la cité industrieuse de Coventry – puisse éliminer les inventeurs du football ?

Efficace et sans esbroufe

A Nice, traditionnelle colonie anglaise, les Strakarnir okkar (« Nos garçons ») réalisent l’un des plus grands exploits de l’histoire de l’Euro. Malgré l’ouverture du score précoce de Wayne Rooney sur penalty, les Islandais appliquent à la lettre leur plan de jeu, efficace et sans esbroufe, capable d’inquiéter les meilleures équipes, à l’image des Pays-Bas lors des éliminatoires. Soutenus par 20 000 supporteurs, soit 5 % de la population, les footballeurs nordiques renversent la situation et rejoignent les quarts de finale grâce à un succès inespéré 2-1.

Après la victoire islandaise, le 27 juin 2016, à Nice.

Le football britannique a longtemps été le modèle islandais. Neuf internationaux sont passés par des clubs en Ecosse, au Pays de Galles ou en Angleterre. Et au moment d’affronter les Three Lions, trois des cadres de l’équipe jouent pour des formations modestes de l’île britannique : l’élégant milieu de terrain Gylfi Sigurdsson en Premier League (Swansea), ses deux compères Johann Gudmundsson (Charlton) et le capitaine, Aron Gunnarsson (Cardiff), en deuxième division anglaise.

Lire aussi Euro 2016 : il était une fois le football islandais

Pour disputer le tournoi, les deux cosélectionneurs du Petit Poucet islandais, le Suédois Lars Lagerback et le local Heimir Hallgrimsson, ont puisé dans un réservoir minuscule : un quart (23) de la centaine de footballeurs professionnels du pays.

Lire aussi Euro 2016 : l’entraîneur Hallgrimsson, l’âme de l’Islande, tombeur de l’Angleterre

Rencontré sur sa petite île de Heimaey, la seule peuplée de l’archipel volcanique de Vestmann, le coach Hallgrimsson, dentiste de profession, livrait au Monde une parfaite définition de ses troupes : « Nous sommes une très bonne équipe sans les meilleures individualités. »

Touches longues et guerre de la morue

Prototype du footballeur de devoir, qui a l’intelligence de jouer sur ses points forts, Aron Gunnarsson utilise, face aux Anglais apathiques, son arme de prédilection : la longue touche. Réputé pour la qualité de ses lancers depuis son arrivée en 2008 à Coventry, en D2 anglaise, le capitaine islandais est à l’origine de l’égalisation presque immédiate de Ragnar Sigurdsson (6e).

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Euro 2016 : la touche secrète de l’Islande

Roy Hodgson, le sélectionneur anglais, avait pourtant identifié la menace : « Il faut être un peu aveugle pour ne pas se rendre compte que Gunnarsson est une arme pour eux. » Douze minutes plus tard, le Nantais Kolbeinn Sigthorsson donne aux siens un avantage qu’ils vont ardemment défendre jusqu’au coup de sifflet final.

Les Islandais viennent de provoquer la plus grande éruption volcanique de l’histoire sportive de leur pays, comme s’en amuse sur Twitter l’ancien international Sigurdur Jonsson.

Présent dans les tribunes au milieu de ses compatriotes supporteurs, le tout nouveau président élu, Gudni Johannesson, historien de formation, se fait lyrique dans une déclaration au Guardian : « C’est la plus grande victoire de l’histoire islandaise, à l’exception peut-être de celle des guerres de la morue .»

Une référence aux microconflits qui opposèrent son pays à la Grande-Bretagne entre les années 1950 et 1970, et qu’avait déjà utilisée l’entraîneur Heimir Hallgrimsson en avant-match : « Nous sommes un trop petit pays pour avoir une armée, alors ces gars [les joueurs] sont un peu l’armée islandaise. »

Une armée islandaise qui ne peut pas remporter toutes les batailles. Le 3 juillet, l’équipe surprise de l’Euro 2016 doit s’incliner contre le pays hôte : les Bleus mettent fin au parcours islandais (5-2).

Retrouvez notre sélection des matchs qui ont marqué l’Euro




Lire l’article au complet sur www.lemonde.fr

Share

Regdnews est un site d’agrégation d'actualités qui vous permet de pouvoir suivre toutes l’actualités française et du monde en temps réel.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *